Un roman de

Juliette ADJADJ

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L'histoire

Cinquante-neuf ans, c’est le temps qu’il a fallu à Joël GOUASDON pour tout découvrir de son enfance douloureuse. Il finit alors par comprendre vraiment qui il était.

Sans la volonté qui l’anime depuis toujours, une rose n’aurait pas jailli de son tas de fumier.

Avant cette éclosion, il a vécu des périodes heureuses, cocasses mais aussi terribles tout autant que terrifiantes. Elles furent toutes en lien avec son travail de résilience. Sans cette résilience, il n’aurait jamais pu s’extraire de sa prison mentale.

Précisons cependant qu’il a pu bénéficier d’une bonne étoile, d’une formidable protection affective et de plusieurs mains qui se sont tendues vers lui au moment où il ne s’y attendait pas ou ne s’y attendait plus.

Sa vie est donc une longue enquête à la recherche de son passé. Il va tantôt porter sa croix, tantôt franchir des montagnes russes et quelques fois frôler l’enfer ! Mais le résultat est là : ses dessins magnifiques, presque magiques !

Ensemble, lui et son auteure, Juliette ADJADJ, ont voulu porter au grand jour cette aventure humaine afin qu’elle soit lumière pour les autres. 

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              L'auteure et l'acteur
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Née en 1950 à Alger, Juliette ADJADJ effectue ses études secondaires et supérieures à Marseille d'abord, puis à l'Université d'Aix-en-Provence ensuite. Si elle effectue une longue carrière à l'Education Nationale, sa passion pour l'écriture et l'histoire lui reste chevillée au corps. Aussi dès sa retraite en 2013, elle prend la plume et ne la quittera plus. Installée à la Rochelle, elle s'attache et s'intéresse au Marais Poitevin et à ses habitants. Cette nouvelle passion la conduira à écrire quatre ouvrages sur l'histoire des maraîchins. En 2019, dans un tout autre registre elle publie "Tu deviendras toi", l'histoire de l'homosexualité d'un jeune adolescent dans les années 60.

Née en 1960 à Savigny le Vieux, en Normandie, Joël GOUASDON, le protagoniste de ce roman, est Directeur Commercial dans sa vie professionnelle. Mais il a une passion depuis tout petit : le dessin. C’est sa plus belle façon de s’exprimer et de parler avec des traits de son passé d’enfant de l’assistance publique. Sous le nom d’artiste ARTYON, Il publie en 2017, "Un livre d’Amour ", un recueil de ses dessins et de poèmes écrits par des auteurs connus ou d’un jour. Il vit aujourd’hui en Vendée où il expose souvent ses œuvres mais aussi dans les autres départements limitrophes.   

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Extraits
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Ce récit doit son existence à ma rencontre inattendue avec Juliette.

 Ce type de rencontre m’est arrivé plus d’une fois dans ma vie. Je veux dire par là, qu’à de nombreuses reprises et sans intention de ma part, des êtres sont apparus sur ma route et ont pris très vite une importance majeure pour moi. Ils m’ont spontanément tendu la main et je l’ai saisie. Le courant qui passait d’une main à l’autre se propageait aussitôt en moi et devenait énergie salvatrice. Cette énergie, je l’ai sentie m’envahir à chaque fois que je devais franchir une étape dans ma vie.

 Mais, avant chaque saut, lorsqu’une main se tendait vers moi, j’aimais rompre l’étonnement réciproque par un tas de bavardages. Pour être franc, l’Autre m’incite à parler et comme j’aime causer, alors je cause, je cause, je cause. Durant le temps de l’échange, je ne prenais pas conscience de la transformation qui s’opérait en moi. Je ne le réalisais qu’après. Aux anciennes images qui s’étaient déjà accumulées pêle-mêle, venaient s’agréger de nouvelles. Ce joyeux amalgame donna lieu à un mouvement intérieur perpétuel. C’est lui, lui ce mouvement qui m’a conduit à faire cette drôle d’enquête : rechercher d’où je viens pour savoir enfin qui je suis.

Aussi, depuis plus de vingt ans que je m’interroge, des étapes, j’en ai franchies et du chemin, j’en ai parcouru. Si j’avais écouté les nombreux psychiatres que j’ai consultés depuis les premiers symptômes de mon mal, il était peu probable que je m’en sorte.

Seulement voilà, je m’en suis sorti et Ô surprise, j’ai réalisé mon rêve.

Je me suis dit alors « Et si je rendais cette quête utile ? » 

Par utile, je n’entends pas un don de soi à jeter en pâture aux autres ou une lanterne mise sur mon dos pour éclairer le chemin parcouru. Ni l’une, ni l’autre.

Mon souhait est simple et par la force des choses, modeste. Je souhaite que le caillou laissé sur le chemin derrière moi, s’ajoute aux nombreux autres jetés par ceux qui m’ont précédé. Ce serait donc un repère pour aller plus loin encore.

Une parenthèse amusante : deux petites souris tombent dans un bidon de lait. La première abandonne, se noie et meurt. La seconde s’agite tant et plus. Sa tête, ses pattes, sa queue, tout est en mouvement incessant. Au bout d’un certain temps le lait finit par se transformer en beurre. La voilà sauvée.

Si la vie ne vaut rien comme le disent les pessimistes, moi, j’affirme aujourd’hui que rien, non rien ne vaut la vie !

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LE TEMPS DES CERISES.

 

Dès le printemps, la floraison des deux énormes cerisiers m’émerveillait.

Leur gigantisme les faisait rayonner parmi tous les autres arbres fruitiers du verger avec lesquels ils avaient un peu de mal à cohabiter.

Le plus grand et le plus large avait un tel volume qu’une partie de ses branches faisaient de l’ombre sur tout le trottoir qui jouxtait la maison. C’était lui le grand responsable, celui qui déclencha ma peur du noir lors de ma première nuit.  

Près d’un grand hangar à bois, un second cerisier tentait de trouver sa place parmi les autres fruitiers. 

Tous ces arbres avaient été plantés par François et Victorine en vue d’être utiles à leur consommation alimentaire. Mais, en mettant leurs plants en terre, ils n’ont pas pu imaginer ce qu’ils deviendraient quarante ans après.  Les deux cerisiers donnèrent tant de cerises que Mémère décida d’en tirer profit. Cette ressource hors terre devint son pétrole à elle.

La cime du plus grand s’élevait à plus de quinze mètres du sol. Ce cerisier produisait des cœurs de pigeon. De taille assez importante, ces cerises avaient une couleur jaune traversée de rayures rouges. Leur goût était un peu amer mais leur chair compacte faisait leur qualité gustative.

Le plus petit avait sa cime à une dizaine de mètres du sol. Il donnait des cerises d’aspect sauvage, des bigarreaux bien moins gros que les cœurs de pigeon. Lorsqu’elles atteignaient leur maturation, ces cerises devenaient d’un rouge vif. Leur goût sucré faisait le délice des palais gourmands.

Pour grimper en haut des cerisiers, il fallait une échelle. Gilbert prenait la plus haute et la plus moderne. Mémère avait la sienne.

L’échelle de Mémère, c’était tout un poème.

Ancienne bûcheronne, elle l’avait fabriquée avec les moyens du bord. Pour les deux montants, elle avait coupé un bouleau très sinueux en son vague milieu. Les deux grands morceaux, dont elle n’avait lissé aucune anfractuosité, faisaient office de tenants et à travers, à intervalles irréguliers, elle s’était contentée de mettre un morceau de bois plat qu’elle avait vaguement ficelé aux deux montants. A plus de soixante-dix ans, elle grimpait encore à plus de dix mètres du sol avec cet attirail de guingois. Mère Courage, vous connaissez ?

Format 15x21 - 250 pages